Johnson Concorde, à la croisée des styles [ITW]

La musique des Johnson Concorde, un mélange des styles pour un rendu unique en son genre : le Rock Show. Décryptage.

Johnson Concorde, c’est un pantin, un personnage créé de toutes pièces des mains de David Baez : une fausse idole de la musique qui tente de faire son retour sur le devant de la scène après une longue absence. Le projet démarre réellement en 2011 avec la sortie de leur premier album : « Las Vegas, Paris by Concorde ». S’en suivront deux nouvelles livraisons, « Red Phoenix » en 2014 et « Antalanocryptovicious » en 2016 : difficilement prononçable, mais toujours aussi savoureux.

Johnson Concorde – We know who you are – extrait de l’album Antalanocryptovicious

Des voix hautes perchées, deux choristes omniprésentes, des ponts et des ruptures inattendues, des rythmes assez soutenus, des refrains entêtants que l’on a envie de reprendre en coeur et une guitare électrique qui tranche, voilà le cocktail Rock Show des Johnson Concorde. De l’énergie, le sextet tourangeau en a à revendre. En disques bien sûr, mais surtout sur scène, puisqu’un concert des Johnson Concorde est un véritable spectacle à part entière, où se mêlent images et sons, à la limite de la comédie musicale.

Rencontre avec David Baez, guitariste et chanteur du groupe, alias monsieur Concorde, initiateur du projet …



C’est difficile de vous classer, Johnson Concorde est à la frontière de plusieurs styles, comment décrirais-tu votre musique ?

David : C’est un peu compliqué de nous apparenter, c’est pour ça qu’on est les inventeurs auto proclamés du Rock Show, un style à la synthèse de tout ça. Il y a trois choses dans l’ADN de notre musique : le glam des années 70 de Bowie, T.Rex, Queen et leur façon de relier de manière un peu iconoclaste le rock’n’roll d’Elvis et compagnie. Le heavy métal des années 80 et plus récemment de Systeme of a Down, pour le son et les solos de guitare. Et enfin la brit-pop anglaise de la fin des années 90, Supergrass, Blur, ce genre de chose.

« On joue de la musique dans tous les sens du terme : on l’interprète et on joue avec nos propres chansons »

On peut le voir lors de vos lives, c’est plus un spectacle à part entière qu’un simple concert lorsque les Johnson sont sur scène non ?

David : C’est un show complet. Je reviens encore à Bowie, puis ce que c’est une influence évidemment majeure. Quand il a monté Ziggy Stardust dans les années 70, un journaliste a écrit de lui et des Spiders from Mars, que c’était une façon pleine de malice de faire du bon rock, il y avait de l’humour et toute cette théâtralité qu’amenait Bowie et c’est des choses dans lesquelles on se retrouve beaucoup. On joue de la musique dans tous les sens du terme : on l’interprète et on joue avec nos propres chansons.

Justement, Johnson Concorde c’est un personnage inventé, à l’image de David Bowie avec Ziggy Stardust. Comment t’es venu l’idée de ce projet et pourquoi ?

David : À l’origine je participais en 2010, à un collectif d’artiste, qui travaillait sur la notion d’icône. Il y avait des plasticiens des photographes, des comédiens, des peintres et le musicien de la troupe c’était moi. On inventait de fausses icônes et on travaillait sur cette notion, ce qui fait d’un artiste ou d’un musicien quelqu’un d’adulé par les foules. On a joué avec ça et le personnage de Concorde, qui n’avait pas ce nom là encore à l’époque est né. Le premier album c’était un faux Best of de tous ses singles, entre 75 et 95, comme s’il revenait en 2010. C’était un chouette concept. J’ai eu de la chance de croiser des musiciens que le projet a intéressés et puis de fil en aiguille on s’est retrouvé à monter le spectacle pour de vrai. Le come-back de Johnson Concorde, né en 1958 d’une mère française et d’un père anglais.

Antalanocryptovicious, votre troisième album est sorti en avril dernier, c’est quoi ce nom ?

David : C’est le « Vicious » de Lou Reed sur Transformer, c’est un nom à rallonge qui n’existe pas, qui à des consonances un peu pointues, avec beaucoup de voyelles. Il y a un décorum chez Concorde, c’est agréable de jouer avec ça. Il ne veut rien dire en particulier, il y a « Crypto » pour le côté métal, « Vicious » pour le côté un peu glam et le reste c’est l’inspiration qui vient comme ça.

« Tous les disques sont faits à la maison, à la main et on les distribuent nous même sur les concerts »

Pour ce qui est de la production comment fonctionne le groupe ? Vous êtes indépendants ou vous travaillez avec un label ?

David : On est complètement auto-produit. Tous les disques sont faits à la maison, à la main et on les distribuent nous même sur les concerts. Pour le côté administratif, on travaille avec Chapeau Prog, mais pour tout ce qui est artistique on est complètement autonome.

En ce qui concerne la répartition du travail, comment ça se passe chez Concorde ?

David : J’amène les chansons, je les écris et je les arrange. Je m’occupe ensuite des premières maquettes plus ou moins élaborées et on fignole les arrangements tous ensemble. Les filles travaillent ensuite à la création des plateaux et de ce qui va se passer sur scène, ensuite on se voit en répétition plénière et on finit de travailler le set et le spectacle. On travaille aussi avec quelques vidéastes qui nous filent un coup de main. On est une petite communauté comme ça, une vraie petite troupe, où j’ai la chance de savoir où trouver les compétences pour fignoler et aller au bout du projet. Par exemple, nos costumes ont été conçus par une plasticienne couturière tourangelle.

« J’ai fondé plein de groupes, je suis passé par le hard rock, le heavy métal, le grunge, la pop. J’ai fait de la musique pour des pièces de théâtre et des courts-métrage, en tant qu’arrangeur et compositeur »

D’une manière plus personnelle, est-ce que tu peux nous parler de ton parcours de musicien ?

David : J’ai commencé la guitare pour de mauvaises raisons, parce qu’un copain s’y mettait et qu’il avait déjà vachement de succès avec les filles et je me disais : si jamais je ne m’y colle pas je vais rester à la traîne (rires) ! Ça n’a pas du tout fonctionné de ce point de vue là, mais en revanche je suis tombé dans la musique pour de bon. J’ai fondé plein de groupes, je suis passé par le hard rock, le heavy métal, le grunge, la pop. J’ai fait de la musique pour des pièces de théâtre et des courts-métrage, en tant qu’arrangeur et compositeur. Aujourd’hui, je suis à cheval entre deux formations à plein temps : Johnson Concorde et Monsieur Dame, un duo voix guitare, avec une des chanteuses de Concorde.

Pour revenir au projet Johnson Concorde, on peut dire que vous êtes plus un groupe de scène que de studio non ?

David : On est les deux. Parce que le studio permet de travailler sur l’arrangement, le son et le concept. Les albums on fait en sorte qu’ils s’enchaînent bien et le travail de production est vachement intéressant, il fait partie aussi de l’ADN de ce que l’on aime faire artistiquement. Après collectivement, le pied on va le prendre sur le plateau parce qu’on est là tous les 6, qu’on envoie le son et que le public est là. Le Rock, c’est de la musique vivante et c’est fait pour être joué devant les gens.

Pour terminer, qu’est ce qu’on peut souhaiter à Johnson Concorde pour la suite ?

David : Des dates ! Plein de dates et plein d’idée, parce que le plaisir on le prend avant tout sur scène !



Johnson Concorde sur internet ça se passe ici.

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