Assad, de l’amour de la guerre et de l’hypertendresse [Chronique]

Sorti en Octobre, Hypertendresse arrive à point pour nous confirmer ce que l’on savait déjà : Assad c’est du lourd et ça risque d’aller loin.

Après une première livraison en 2014 avec Sabrina, Assad nous offre Hypertendresse, un EP 8 titres aux airs d’album, financé par les internautes sur le site Kisskissbankbank avec plus de 3000 euros récoltés. Du hip hop acoustique, avec une belle touche de jazz et des textes qui font mal, Assad prend des risques pour nous offrir un cocktail original où beatbox, rap, contrebasse, piano et saxophone se mêlent parfaitement pour sortir des sentiers battus. Un vrai bol d’air frais. Attention : les gars d’Assad expérimentent mais ils savent où ils mettent les pieds avec un projet rodé, des musiciens de talent et un jeu très pro. On a affaire à des bons et ça se sent tout suite.


Hypertendresse – Hypertendresse


Dès l’ouverture du disque, Assad pose ses valises avec Hypertendresse dans une ambiance chill et détente. Le beatbox très marqué tranche avec la subtilité des instruments traditionnels, ça groove et ça swingue : on est là pour métisser les sons. Tout au long du disque les musiciens d’Assad nous livrent un son particulier, chaud et très artisanal. On sent une recherche permanente, le groupe cherchent sans cesse à se renouveler tout en maîtrise et en subtilité, sans jamais nous perdre. On est toujours surpris et l’alchimie prend. Le rap n’est pas en reste avec des textes travaillés mais qui gardent un ton très brut, délivré par un flow posé, qui sait prendre la place qui lui revient mais aussi s’effacer quand il le faut.

La Complainte du Pornographe nous propose un texte sombre, parfois sale mais qui fait mouche en contraste complet avec la musique jouée, très jazz, quasi romantique avec des ponts presque comiques : les gars d’Assad ont de l’humour. Le morceau se permet même de continuer son chemin après la fin du texte avec un solo de saxo emmené par une batterie presque rock pour faire monter une intensité qui nous emporte et qui fini par mourir toute seule : un délice. Assad régale avec Les Nuits Passent : un saxophone esseulé nous offre une intro pleine de mélancolie qui résonne comme un véritable cri, boosté à la réverbe. Pas le temps de s’attendrir : à peine passé l’intro, on se met a bouger les têtes mais le swing est toujours là et nous attend au tournant. Les musiciens d’Assad nous baladent où ils veulent tout le long de l’EP et on se laisse facilement prendre au piège.


Les Nuits Passent – Hypertendresse


Un univers qu’on pourrait qualifier de sombre mais qui finalement sonne très réaliste. Avec Assad on est pas là pour rêver, c’est sale, brut, mélancolique mais ça tape dans le vrai avec des textes qui impressionnent par leur maturité et leur justesse. Le tout porté par des instrumentistes qui font plus que le boulot. Tout ça sonne vrai et Hypertendresse est une belle réussite. Maintenant on attend l’album.



Actu : Assad sera en concert le 03/06 à la Guinguette de Tours et le 09/06 à Chartres au festival L’Paille à Sons et partageront notamment la scène avec Scarecrow (on en parle ici) et Bhale Bacce Crew.

Pour aller plus loin : Pour suivre Assad ça se passe ici. Pour écouter les deux EP du groupe direction Bandcamp et L’Électrophone.

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