Mazette, le caméléon du beatmaking

Avec deux disques au compteur, le beatmaker tourangeau continue de s’affirmer sur la scène locale avec un style qui lui est propre, mais sans barrière.

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D’abord passé par le mix sur platines, c’est en février 2016 que Mazette se lance dans le grand bain et livre son premier disque Multi Facettes, un album 14 titres produit par Vatsa Prod. Peu de voix au programme, Mazette nous propose un hip-hop qui met en avant l’instrumental : le concept est séduisant. Les beats sont froids, binaires et martèlent le tempo pour driver l’ensemble. Mais il se dégage autre chose, une patte, une finesse, une approche, en bref : quelque chose qui prend tout de suite. Les mélodies, parfois un peu psychédéliques, mais surtout hypnotisantes nous emportent et l’on pénètre facilement dans l’univers du beatmaker tourangeau. Une belle réussite.


The Door – Multi Facettes


En janvier 2017, Mazette nous prend à contre-pied avec Chimère, un EP 6 titres sorti chez ODG Prod, orienté dub et qui surprend. Passée la première écoute, on retrouve la patte du beatmaker et on se laisse prendre par ce dub à la sauce Mazette. Les productions sont bien léchées et gardent une vraie cohérence avec le premier album.


Indika – Chimères


Micro en main, on a croisé sa route en juin dernier au festival Aucard de Tours, accompagné de son acolyte Eikonoklast. Rencontre.



Pour commencer est-ce que tu pourrais parler un peu de ton parcours et de ton projet ?

Mazette : J’ai commencé par le mix sur platine vinyle. Je mixais de la minimale, de l’électro et aussi de la hard tech parfois. Ensuite je me suis mis à produire du son, de la musique électro sur Fruity Loops et j’ai rencontré la Centercoast, un collectif de rap de Tours et ils m’ont demandé de leur faire des instrus hip-hop et petit à petit, j’ai vu que c’était cool et que j’aimais ce délire-là, donc j’ai continué. À partir de là est né le projet Multi Facettes, le premier album, essentiellement de l’abstract hip-hop avec des featuring. Grâce à ça j’ai fait pas mal de rencontres localement, notamment Vatsa Prod qui a produit l’album. Ensuite je me suis plus dirigé vers du dub, je suis revenu sur des sonorités que j’aimais bien écouter avant et j’ai sorti l’EP Chimère chez ODG prod.

« À aucun moment je ne me suis posé la question si ça allait marcher parce que c’était des instrumentaux. »

Justement, tu parlais de ton album Multi Facettes, est-ce que c’est une prise de risque pour un beatmaker de faire un album avec peu de voix et un instrumental vraiment mis en avant ? On a plus l’habitude de voir l’instu au service d’un rappeur d’habitude.

Mazette : C’est vrai t’as raison, mais je ne me suis pas du tout posé la question en fait ! C’est juste qu’à l’époque je faisais beaucoup d’instrus, je les publiais sur soundcloud et à un moment je me suis dit que j’allais garder les meilleurs, les peaufiner pour en faire un album. Parce que j’avais envie d’en faire quelque chose de concret, d’arriver sur un format physique, j’y tenais vraiment. Après ça a pris pas mal de temps, du début du projet jusqu’au mastering, il y a eu trois ans. Mais à aucun moment je ne me suis posé la question si ça allait marcher parce que c’était des instrumentaux.

Sur scène, vous êtes cinq, depuis combien de temps tournes-tu avec cette équipe et comment vous travaillez ?

Mazette : Au départ je compose tout seul, ensuite pour les lives avec Eikonoklast on travaille sur le côté instrumental où lui rajoute sa touche, des petits sons par- ci par-là et des scratchs, c’est là qu’on va se compléter vraiment. Après se rajoutent les MC, qui posent leurs textes là-dessus.

Eikonoklast : On a travaillé les productions pour qu’elles puissent sortir en live. De là il a voulu que je m’intègre au projet live réellement, pour que je rajoute les samples, le scratch, etc… ça s’est fait petit à petit. Vu que je fais le mixage de la plupart de ses morceaux, n’importe quel ingé son serait d’accord, on est obligé de mettre un peu sa patte, donc forcément j’ai essayé d’apporter quelque chose.

« J’ai eu un tilt et je me suis dit : mais attends, j’écoute pas mal de dub, qu’est ce que je fous ? pourquoi je joue pas du dub ? »

Parlons un peu de ton EP Chimère, tu as opéré un changement de style assez radical en passant au dub, pourquoi ? Comment s’est passée la rencontre avec ODG Prod ?

Mazette : Ça s’est fait vraiment d’un seul coup. J’ai eu un tilt et je me suis dit : mais attends, j’écoute pas mal de dub, qu’est ce que je fous ? pourquoi je joue pas du dub ? Donc j’ai fait ça assez vite, en 3-4 mois j’ai sorti les morceaux. C’était vraiment un projet instantané, sur le vif. La rencontre avec ODG s’est fait grâce à Mealbeat, le groupe de Eikonoklast qui a sorti deux EP chez eux.

Eikonoklast : A contrario de ce que tu disais, pour moi ce n’est pas un changement radical, dans le sens où il a quand même fait du dub à la Mazette. C’est-à-dire qu’il y a ce côté hip-hop qui est resté. En plus ce qu’il a pu rajouter c’est le côté ethnique je dirais. C’est du Mazette, plus tendance dub avec une base hip-hop. Ensuite quand j’ai mixé et masterisé l’album, je me suis dit que c’était un bon produit fini pour que ça aille chez ODG Prod, et que ce soit simple dans la diffusion.

Les pochettes de tes deux disques sont assez proches, avec un style très coloré et un caméléon toujours au centre, tu peux nous en parler un peu ?

Mazette : Le caméléon, c’est un petit personnage qu’on avait choisi avec Dr Fanx l’illustrateur. Je me suis retrouvé un peu dans ce caméléon, parce que j’essaye de m’adapter suivant les styles et les personnes que je rencontre. C’est parti de là et j’ai décidé de le garder comme un fil rouge, je ne sais pas s’ il va continuer encore longtemps, mais pour l’instant je l’aime bien et je le garde.

« Je suis éducateur à la base et je me sers du support de la musique pour donner un peu de pep’s aux petits jeunes ! »

Tu as sorti deux disques sous deux labels différents, des labels tourangeaux assez connus et importants, mais est-ce que ça t’a déjà intéressé de monter ta propre structure et travailler sur d’autres projets ?

Mazette : Pour l’instant ce n’est pas dans les projets. Après, on tourne pas mal autour de l’asso Centercoast pour faire différents types d’ateliers. Moi je propose des ateliers beatmaking dans les MECS (Maisons d’enfants à caractère social), comme je suis éducateur à la base et je me sers du support de la musique pour donner un peu de pep’s aux petits jeunes !



Plus d’infos

Pour suivre Mazette c’est ici, pour l’écouter c’est.

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