Melbeat, duo dub en voyage

Entre Tours et Bourges, le duo nous propose un son original et métissé, savant mélange entre électronique et acoustique.

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L’éternel débat entre électronique et acoustique, entre la machine et l’instrument. Melbeat balaye la question d’un revers de main et joue la carte du métissage à fond. Beaux- frères, Eikonoklast et Tonio amorcent les bases du projet lors de soirée familiale, cassant une tradition qui veut que dans ces moments-là, on est quand même censé se faire bien chier. Le duo voit finalement le jour en 2013 et livre dès l’année suivante sa première galette Daï Way un 8 titres, qui pose les bases du projet et nous annonce la couleur : le dub en prendra pour son grade. Productif, le groupe enchaînera avec Gao Kuosan en 2015 et Ethno City en 2016. Le mot d’ordre est donné.

Soundakilla – Daï Way

Melbeat s’affranchit des codes du dub et nous propose un son original, y injectant une dose de hip-hop, de musique électronique et de sonorités grattées aux quatre coins de la planète pour un résultat qui fait tout de suite mouche et pourra toucher même les plus réfractaires aux musiques d’origine jamaïcaine. Les basses sont, elles, moins mises en avant et le skank n’est plus le point d’appui central. Là où le dub se vit de manière rythmique et où le rapport au son délivré par les enceintes est quasi physique, le duo joue sur les mélodies et trace sa propre route.

One Day, One Afternoon – 16h23 Hayastan Chill

En janvier, Melbeat surprend en livrant One Day chez ODG Prod. Un disque pensé comme une trilogie de trois EP qui sortent en trois semaines coup sur coup, composée de One Morning, One Afternoon et One Evening, un véritable album concept, à consommer sur la journée. Pour l’occasion, nous avons rencontré le duo dans un studio, véritable écrin caché au cœur du quartier Colbert, autour d’un café et de notre micro. Rencontre.



Vous venez de sortir One Day, un disque divisé en trois EP différents. Pourquoi ce choix ?

Tonio : Le format EP, on trouve que ça marche bien, contrairement à des albums qui ne sont pas forcément écoutés jusqu’au bout. Ce format est intéressant et on trouvait sympa de le sortir en plusieurs fois. Le truc c’était de faire un quelque chose d’un peu chronologique qui va avec le moment de la journée, trois entités différentes dans la couleur du son, donc au final, le partager en trois ça justifiait tout ça.

Vous avez sorti les trois EP qui composent One Day, en trois semaines coup sur coup, pourquoi un délai aussi court entre les sorties ?

Tonio : On voulait qu’il y ait un suivi par rapport à cette histoire chronologique, que les gens ne perdent pas le fil, ça peut être vite oublié si on en sort un tous les mois. L’idée, c’était d’enchaîner les trucs assez rapidement pour pas déconnecter les gens. C’était vu avec ODG Prod et comme eux ils font une sortie par semaine sur leur plateforme, c’était parfait.

Comment vous avez travaillé pour composer One Day ?

Eikonoklast : On avait pas mal de morceaux qui trainaient depuis un moment, dont certains qu’on jouait déjà en live, mais qu’on n’avait jamais sortis. On a réuni les titres en fonction de leur ambiance pour savoir s’ils allaient plutôt le matin, l’après-midi ou le soir. Pour ce qui est de la composition, c’est moi qui commence et qui dégage l’idée principale et après je lui laisse la main pour tout ce qui est basse, claviers, etc. On brode chacun notre tour dessus et on fait plusieurs passages comme ça. Ça fait beaucoup évoluer les morceaux ce système d’aller-retour. Par contre, j’essaye de ne pas avoir trop d’idées sur la basse pour laisser le champ libre à Tonio.

« L’idée de base de One Day, c’était que chaque EP soit associé à un lieu et à un moment de la journée. »

On sent que vous avez une réelle volonté d’aller chercher des sons issus de plein de cultures différentes pour les intégrer à votre base dub/électro/hip-hop …

Tonio : Ouais complètement, on veut mettre cette marque ethno dans les sons qu’on fait !

Eikonoklast : Moi, je mets vraiment l’accent sur tout ce qui est sample ethnique. Tonio est un amoureux des voyages, donc je pense que ça se ressent aussi dans notre musique. D’ailleurs, l’idée de base de One Day, c’était que chaque EP soit associé à un lieu et à un moment de la journée. Petit à petit, on s’est un peu éloigné de ça. Mais on a gardé un peu l’esprit pour laisser libre cours à l’imagination des gens. Mais c’est vrai qu’on aime vraiment mélanger les sons et les influences.

Dans quelle configuration vous êtes sur scène ?

Eikonoklast : On est principalement deux. Après quand c’est possible, sur les morceaux où il y a du chant, on essaye d’inviter les potes quand ils peuvent être présents. En ce moment, on est en pleine réflexion pour essayer de changer un peu. Moi à la base je suis sur APC 40, avec une platine pour les scratches et Tonio lui à la basse. Maintenant, on essaye de faire évoluer le truc en ramenant d’autres instruments. On veut qu’il y ait plus de vie sur le live.

« On a du mal à rentrer dans une case et c’est problématique parfois. »

On pourrait vous retrouver sur une config sound system purement dub ?

Tonio : On l’a jamais fait. Bien sûr ça ne nous dérangerait pas, mais après c’est plus la case du style. Pour le Sound Systeme, il faut être vraiment dub et on l’est pas assez pour les dubbers. On a du mal à rentrer dans une case et c’est problématique parfois. Notamment pour trouver des dates, c’est pas évident.

Pour terminer, c’est quoi les projets de Melbeat pour l’année ?

Eikonoklast : On aimerait bien faire un album remix avec des amis à nous. Si on peut le sortir chez ODG Prod on le fera, sinon on le sortira nous-mêmes.

Tonio : On a des clips aussi qu’on aimerait bien faire et ça va sortir bientôt. On a aussi été lauréats du système d’accompagnement Piston de Emmetrop et grâce à ça on a des projets de résidence pour bosser le live avec des intervenants et des musiciens.



Plus d’infos

Retrouvez Melbeat le 10 avril prochain à 18h15 sur les ondes de Béton (93.6) pour le Quart d’Heure Tourangeau et en même temps en live au Shanti Shanti.

Pour suivre le groupe : Soundcloud // Facebook // Bandcamp.

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