Apolline, rock à l’état brut [ITW]

Le quintet est de retour pour une deuxième livraison avec Far and After, un EP 5 titres qui ronronne méchamment.

Formé entre Tours, Blois et Paris, c’est en 2012 que Apolline voit le jour. Né de plusieurs jams sessions fructueuses, le groupe signe rapidement sur le label M & O Music pour la sortie d’un album. No Longer Rain (11 titres) débarque en 2013 et convainc d’entrée avec un rock efficace, teinté de punk/rock californien et de guitare grungy.

Cinq ans plus tard, les voilà de retour avec leur nouveau bébé, un 5 titres à paraître le 26 février et qui va faire très, très mal. On va le dire tout de suite : Far and After nous en met une pleine tête, sans vraiment prendre la peine de frapper à la porte. Le groupe affine son orientation avec des guitares au son résolument plus gras, qui sentent bon le stoner rock et frôlent parfois (légèrement) avec la frontière métal comme sur certains passages du génial Loveway. Attention : Apolline sait aussi jouer de subtilité et nous ménager avec des moments plus aériens et des refrains entêtants aux couleurs très pop/rock à l’image de I Bet You. Pas le temps de tergiverser pour autant, les six cordes hurlantes ne sont jamais loin pour nous rappeler à l’ordre. Jouissif et explosif.

Apolline nous livre un disque très réussi, porté par des musiciens de talent. L’énergie transmise est brute, presque palpable et l’on ressent tout de suite une irrépressible envie de faire cracher ses enceintes à leur potentiel maximal. En bref, un EP qui en a sous le capot. Pour les amateurs de rock évidemment. Pour les autres aussi.

Pour l’occasion on a croisé la route de Thomas Lachaise le bassiste et Tourangeau du groupe. Rencontre autour d’un café.



Pour commencer, tu peux me parler des débuts du groupe ?

Les origines remontent à 2012. C’est Alex et Stéphane, respectivement batteur et guitariste qui ont voulu monter ça. Après le reste ça s’est fait un peu par le bouche à oreille. Je connaissais Alexandre puisqu’on faisait déjà des basses/batterie dans d’autres groupes. On s’est tous réunis chez lui pour faire une méga répétition sur toute une journée et de là on a ressorti 3/4 morceaux. On se connaissait pas vraiment mais on a vraiment aimé jouer tous ensemble. Et puis le fait de ressortir quelques morceaux en faisant un bœuf, ça nous a vraiment motivé et on s’est dit qu’on pouvait très vite commencer à bosser sur une maquette. L’esprit du bœuf est resté et c’est l’idée qui s’est naturellement imposée au groupe pour la composition. On a tous nos styles et notre manière de travailler, mais dès qu’on joue ensemble, on est vraiment sur la même ligne.

Justement puisque tu parles de bœuf, est-ce qu’il y a aussi des plages réservées à l’improvisation quand vous êtes sur scène ?

Il y a des parties qui sont réservées pour ça. Entre nous on se laisse des libertés, on fait monter des ambiances. C’est prévu dans les morceaux qu’on se laisse de grandes parties de délire pour laisser respirer les compositions et d’être moins dans l’automatisme. Souvent ce qui est dur en rock c’est de garder ce côté répèt-live, qui est vraiment l’essence même du style et de le retranscrire en live. C’est toujours un exercice difficile. Mettre des plages d’improvisation, ça permet de retrouver ça ! Il y a des moments en concert où tu as vraiment l’impression d’être en répétition avec tes potes.

Sur Far and After, on sent un côté beaucoup plus stoner et gras…

Ouais exactement, c’était vraiment une volonté de notre part. On est allé enregistrer au studio Black Box à Angers, on a passé une semaine pour enregistrer tous les instruments en mode résidence total. Il y a juste les voix qu’on a fait ailleurs. Mais c’est vraiment un studio qui est parfait pour ça avec du matériel vintage d’origine. Ils ont l’habitude d’enregistrer pas mal de rock, mais aussi du hardcore et du métal avec des guitares très sombres. C’est une touche qu’on voulait apporter davantage que sur le premier album où les guitares sont plus grunge. Mais au final, l’idée c’est de se rapprocher un peu plus du blues.

« Pour les compositions qu’on voulait défendre sur ce disque, c’était évident pour nous d’écrire en anglais. »

Vous chantez en anglais, à part quelques morceaux sur le premier album. Est-ce que vous avez pris au pied de la lettre la phrase de John Lennon qui dit qu’on peut pas faire du bon rock français ?

Déjà, cette phrase elle est pas fausse mais elle est pas vraie non plus (rires). Le rock, ça appartient à l’âme des gens et pas à une langue. Même si évidement les anglais et les américains ont fait beaucoup pour le rock et que cette langue s’y prête parfaitement grâce a ses sonorités marquantes et frappantes. Arthur, le chanteur, est très à l’aise avec l’anglais, il a cette culture et il a surtout chanté du rock en anglais même s’il aime faire du français aussi. On a fait le choix pour cet EP de faire exclusivement de l’anglais mais ça veut pas dire que c’est définitif non plus ! Mais pour les compositions qu’on voulait défendre sur ce disque, c’était évident pour nous d’écrire en anglais.

« On a traversé les chutes du Niagara, c’était vraiment terrible ! »

La transition est tout trouvée. Avec Apolline, vous avez réussi à sortir des frontière, pour aller jouer outre-atlantique, notamment aux États-Unis. Raconte nous un peu ça …

On a fait trois tournées, en 2013, 2014 et 2015. La première fois on est allé à New-York pour tâter le terrain. On a fait quelques clubs, c’était vraiment sympa d’être un peu dans l’underground, se promener dans les rues avec le matos et tout ça … on était vraiment en complète immersion ! La deuxième fois ,on y a été dans le cadre plus formel d’un festival et on est repassé par quelques clubs mais on a vraiment franchi une marche au niveau de la taille et du public. D’ailleurs on s’est d’abord arrêté faire une date à Toronto, au Cherry Cola’s, sur le chemin avant de rejoindre New-York en mode road trip en bagnole. On a traversé les chutes du Niagara, c’était vraiment terrible ! La troisième fois, on s’est concentré sur le Canada. On à joué au Canadian Music Week, un festival à Toronto et comme à New-York on a fait quelques clubs.

Comment on organise tout ça ? Vous avez une structure qui vous accompagne ?

C’est du démarchage personnel ! On a quand même voulu intégrer tout ce qui est Bureau Export et French Rock. Ils ont pu nous orienter par rapport à notre genre de musique, sur les clubs à démarcher et après on s’est débrouillé. Ce qui est assez dingue c’est que le contact est dix fois plus facile qu’en France ! On te répond dans la journée et en trois mails c’est réglé. Après pour les billets d’avion on se démerde, on trouve des sous par ci par là, on a quelques soutiens qui nous aident, on monte notre dossier et puis c’est parti. On y va vraiment pour le rock’n’roll !

« Les schémas habituels ont un peu changé et je trouve que ça a quelques chose de très intéressant pour les groupes. »

Il y a un écart de 5 ans entre No Longer Rain et Far and After. Vu le schéma actuel des sorties, qui tend vers du contenu plus petit mais plus régulier (moins d’albums, plus d’EP) est-ce que vous avez pas eu le sentiment de prendre un risque avec autant de temps entre les deux sorties ?

Risque, je sais pas … de tout manière nous, on vit notre passion peu importe la fréquence des sorties. Là tu vois si on a décidé de sortir un EP et pas un album, c’est entièrement voulu. C’est une volonté de s’être concentrés sur quelques morceaux pour vraiment y mettre notre touche et doser au niveau du public pour voir comment c’est pris. Et puis comme on s’auto-finance en grande partie, c’est aussi des investissements qui sont moins lourds, on prend un risque plus mesuré et ça nous permet d’être à l’aise dans nos pompes. Mais comme tu dis, les schémas habituels ont un peu changé et je trouve que ça a quelques chose de très intéressant pour les groupes. Avant les artistes étaient vraiment sur un mode un peu saisonnier : on compose, on sort un album, on joue et ainsi de suite. Maintenant tout se fait en même temps et c’est une émulation constante. Alors c’est des contenus peut-être moins importants qu’avant, les groupes attendent plus d’être signés et d’avoir des certitudes pour sortir un album, mais c’est une méthode différente, peut-être plus directe.



Plus d’infos

Far And After sort le 26 février. Retrouvez Apolline pour deux release party à Blois au Chato’do le 23 mars et à Paris le 31 au Bus Palladium.

Pour suivre le groupe : Facebook / Site Web.

 

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