Péroké dans la sélection finale des inouïs du PDB

Seule formation Tourangelle rescapée des auditions régionales, Péroké sera au printemps de Bourges en avril prochain. Rencontre avec Frédéric Guillon et Sylvain Rousselle.

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Il commence à se faire tard à Bourges quand Péroké monte sur la scène du Nadir pour clôturer la soirée. Venu nombreux pour les auditions des inouïs du Printemps de Bourges et bien chauffé par les 5 premiers groupes, le public semble réceptif à la musique du duo électro. On le sait, le tremplin des inouïs est un enjeu important. C’est pourtant sans pression que Péroké déroule son set, avec tranquillité et professionnalisme. Dégageant une véritable aisance sur scène, le duo nous fait presque oublier le contexte un peu particulier de la soirée. Ces mecs-là ont de la bouteille, ils connaissent le métier et maîtrisent parfaitement l’espace, malgré l’immobilité inhérente à leur disposition scénique. Charmé, le public suit et la mayonnaise prend. On est malheureusement très vite rappelé à l’ordre : ce soir ce n’est pas un concert classique alors après une demi-heure, rideau. On ressort de la salle du Nadir séduit mais un peu frustré.

Sahara Roads -EP One

Lancé début 2016, Péroké délivre un son original à mi-chemin entre électronique et acoustique. Les synthés impriment des mélodies entêtantes aux allures de trans, emmenées par des rythmes très organiques, bien loin des patterns simples et froids des musiques électroniques. C’est là qu’on touche l’essence même du duo : de véritables instruments enregistrés en amont et rebalancés sous forme de sample en live qui apportent un grain, une véritable chaleur et se marient merveilleusement bien à leur son et à leur univers. En somme, Péroké nous propose une musique électro jouée par des musiciens et non des techniciens, une véritable nuance qui séduira sans doute les publics plus fermés à ces musiques. Du tout bon.

Auréolés de leur sélection tout récente, nous avons croisé la route de Frédéric Guillon et Sylvain Rousselle pour une interview en toute tranquillité. Rencontre



Racontez nous un peu les origines du projet …

Frédéric : A l’époque, avec Sylvain, on jouait dans un groupe d’afro beat qui s’appelait Rytmétix de 2005 à 2013. Moi à la base je faisait de la basse. J’aime beaucoup la musique électronique donc je me suis mis aux machines. J’ai appelé Sylvain pour qu’il me fasse des parties de clavier. Ça a bien matché et du coup, début 2016, on a décidé de se lancer .

Sylvain : Au début, on partait vraiment dans divers styles. On avait déjà les trois morceaux qui sont maintenant sur l’EP et on avait des retours intéressants qui nous ont encouragés à plus explorer cette facette-là de notre musique. C’est là-dessus qu’on est parti ensuite.

Frédéric : On bosse avec un pote, Gaëtan Tertrin de l’Autre Distribution qui est notre manager. Lui a bien aimé le projet et il nous a dit de creuser dans ce style plutôt que de s’éparpiller.

À Lire : La Touraine fait le boulot aux inouïs.

Vous jouez une musique très particulière. Sur une base électro vous proposez des sons très acoustiques, notamment les batteries qui semblent jouer par de vrais batteurs…

Frédéric : Il y a vraiment deux facettes dans notre musique. Il y a les morceaux studio, avec des parties batterie qui font très vraies comme tu dis. C’est normal parce que j’invite Stéphane Babiaud, le batteur d’Ezekiel, a venir faire des prises que je double ensuite avec mes batteries électroniques . Donc il y a vraiment un côté très humain dans les productions. C’est pareil pour les cuivres, on les enregistre et ils sont ensuite remixés en live dans une formule un peu plus club. En concert je les utilise comme un sample. Puis comme on est plutôt des musiciens de groupe à la base mais qu’on est que deux sur scène avec Péroké, on aime bien inviter des gens en studio, ça nous permet de jouer un peu avec du monde.

Sylvain : C’est ce qui donne ce mélange électro-acoustique qui rend le son plus vivant que de l’électronique brute. On a souvent des retours de gens qui n’aiment pas l’électro mais qui accrochent bien à notre musique.

« On bosse avec Damny Baluteau, le chanteur de La Phaze, qui s’occupe de mixer nos morceaux. »

On sent un travail particulier sur le son, comment vous l’abordez ?

Frédéric : Je pense que ça vient du mixage. On bosse avec Damny Baluteau, le chanteur de La Phaze, qui s’occupe de mixer nos morceaux. On s’était rencontré quand il travaillait sur les claviers de Calypso Rose. Moi, je faisais quelques dates en régie général et j’ai eu l’occasion de lui parler de Péroké. Je lui ai envoyé les morceaux et il a bien accroché donc il nous a proposé de bosser là dessus, c’est ce qui a donné le 3 titres.

Sylvain : Il apporte une petite touche personnelle au son qui est intéressante. Le avant-après est vraiment flagrant.

Péroké ça se passe comment sur scène ?

Frédéric : Moi j’aime bien structurer et déstructurer les morceaux ! Ce qui est bien c’est que je travaille sur Ableton live, j’ai toutes les parties devant moi et je construis les morceaux comme je veux. C’est vraiment l’avantage de notre formule live. Moi ça me plairait pas d’avoir un groupe où l’on doit jouer exactement la même chose tout le temps, c’est vraiment chiant. La base est écrite bien sûr, mais on peut faire un peu ce qu’on veut et c’est plutôt chouette.

« Si je devais toujours jouer la même chose ça me ferait sûrement un peu chier. »

Il y a une part d’improvisation dans vos concerts ?

Frédéric : Ouais complètement. Tu vois, je trouve que les lives électro c’est vraiment relou, il se passe rien. Autant j’adore écouter cette musique en CD mais voir les mecs sur scène, s’ils ont pas un super ingénieur lumière, tu te fais chier. C’est pour ça qu’on avait besoin de trouver une formule qui nous stimule.

Sylvain : Peut-être parce que t’es musicien à la base aussi. Moi c’est pareil, si je devais toujours jouer la même chose à la lettre près, comme une partition, ça me ferait sûrement un peu chier.

Parlons un peu des inouïs …

Sylvain : On y a été un peu la fleur au fusil, sans attente particulière et ça a été une bonne surprise. Même si c’est une formule un peu spéciale avec six groupes qui jouent seulement une demi-heure chacun, on a un peu pris ça comme un concert normal. Sur scène on était plutôt bien ce soir-là, c’était vraiment une bonne soirée.

« Pour être honnête, je suis toujours étonné qu’on soit dans la sélection finale. »

Frédéric : A la base on avait pas prévu de faire ça, c’est Gaëtan notre manager qui nous a inscrits. Et puis en général, les inouïs c’est des groupes assez jeunes. Nous on a déjà pas mal de bouteille donc on n’avait pas une pression particulière. Pour être honnête, je suis toujours étonné qu’on soit dans la sélection finale. Après c’est vraiment bien pour le projet parce que ça donne un bonne visibilité, une sorte de crédibilité. On en ressent déjà les effets vis à vis des programmateurs qui s’intéressent plus à nous.

C’est quoi la suite pour Péroké ?

Frédéric : On sort un single courant mai, qu’on va sûrement associé avec un clip. En septembre on sort notre deuxième EP, un cinq titres. Pour le premier, on avait pas fait de support physique, là on aimerait bien faire une version vinyle avec peut-être quelques CD aussi.



 Plus d’infos

Retrouvez Péroké le 28 avril prochain au Printemps de Bourges. Réservation ici.

Pour suivre le groupe : Facebook / Bandcamp / Youtube.

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